Les sièges de style Louis XV : meubles phares du XVIIIe siècle

Sous le règne de Louis XV, l’immense créativité des ébénistes inscrit les sièges Louis XV au rang de mobiliers emblématiques du XVIIIe siècle.

Caractéristiques du style Louis XV

De 1730 à 1760, le style Louis XV réinvente l’art de la décoration intérieure. Sous le règne du Bien Aimé, c’est le style rocaille qui confère au mobilier son âge d’or. L’esthétique rocaille (ou rococo) met à l’honneur la beauté de la nature en exaltant partout ses motifs de pivoines, roses, coquilles, rochers, rinceaux et feuilles d’acanthe.

fauteuils cannés Louis XV
Paire de fauteuils cannés Louis XV © La Tour Camoufle

Sous le règne de Louis XV, les demeures bourgeoises et hôtels particuliers se divisent en appartements plus réduits et plus intimes, pour une clientèle plus féminine. Ce nouveau mode de vie donne naissance à la création de divers petits meubles et sièges plus adaptés. Le mobilier de style Louis XV affirme plus de commodité et de légèreté afin de s’adapter au mieux aux exigences d’une clientèle en quête de confort et de raffinement.

Les sièges de style Louis XV

Petit canapé corbeille d'époque Louis XV présentée par Didascalies
Petit canapé corbeille d’époque Louis XV présentée par Didascalies, antiquaire à Aix en Provence

Le siège est devenu le mobilier phare du style Louis XV. Les ébénistes de l’époque rivalisent d’ingéniosité pour répondre aux commandes émises par ou pour des femmes. Le siège Louis XV s’habille de charme et d’élégance, se teinte de tendresse et de légèreté pour offrir toute le confort et l’intimité désirés.

Cette finesse s’épanouit dans la création de sièges dorés et garnis de soieries, tissus et tapisseries au point. Les accotoirs sont reculés pour permettre aux dames en robes de s’asseoir plus aisément. Les pieds sont galbés et se terminent en enroulement. Les traverses sont sculptées dans un bois noble (hêtre laqué ou noyer). Certains fauteuils possèdent un châssis interchangeable selon la saison.

Les sièges Louis XV emblématiques :

Paire de fauteuils, époque Louis XV
Paire de fauteuils, époque Louis XV Présentées par Antiquités Rigot et Fils
  • le fauteuil Louis XV : fauteuil cabriolet (dossier incurvé, plus petit et plus léger) ou à la Reine (dossier plat)
  •  la chaise Louis XV : plus légère que le fauteuil, disponible par série de 6, 12 ou plus
  •  la bergère Louis XV : héritage du fauteuil à joue
  •  le canapé Louis XV : partie vide entre accotoir et ceinture, canapé en corbeille ou ottomane

Parmi les sièges Louis XV, certains sont créés pour un usage bien particulier comme le fauteuil de bureau, le fauteuil de toilette et la chaise de salons de jeux.

Le bureau Mazarin, chef d’œuvre du XVIIe siècle

Doté d’une majestueuse élégance, le bureau dit « Mazarin » séduit par ses marqueteries hautes en couleurs et ses lignes finement travaillées qui valorisent une certaine commodité à mi-chemin entre la table et le secrétaire.


Bureau Mazarin présenté par Martin Colas, antiquaire au Marché Biron

Doté d’une majestueuse élégance, le bureau dit « Mazarin » séduit par ses marqueteries hautes en couleurs et ses lignes finement travaillées qui valorisent une certaine commodité à mi-chemin entre la table et le secrétaire.

Le Bureau Mazarin : entre raffinement et praticité

Créé sous le règne de Louis XIV vers 1670-1680, le bureau dit « Mazarin » obtient son appellation tardive bien après la mort du Cardinal du même nom, principal ministre à la Cour du Roi. Ce bureau du XVIIe siècle sera par la suite succédé par le bureau piédestal.

Les premiers bureaux Mazarin revisitent la sobriété et la robustesse d’une petite table pliable appelée « table de changeur ». Cette table austère de style Louis XIII est équipée d’un plateau à abattant.

Caractéristiques du bureau Mazarin

Contrairement au bureau ministre dont il est l’ancêtre, le bureau Mazarin ne possède pas de tiroirs descendant jusqu’au sol. Il dispose d’un tiroir central et d’un guichet s’ouvrant par un abattant, le tout encadré par 2 caissons latéraux comprenant chacun 3 tiroirs. Ces caissons suffisamment éloignés ouvrent le passage des jambes sous le plateau. La structure du bureau Mazarin est montée sur huit pieds sous-forme de pilastres réunis par des entretoises en X ou en H.

Compromis entre la table et le secrétaire, le bureau Mazarin est un meuble qui permet à la fois d’écrire et d’y ranger des documents. Le plus souvent employé en angle, le bureau Mazarin accueillait un genou sous le plateau d’écriture et l’autre à l’extérieur car les nobles de l’époque portaient une épée à la ceinture.

Devenu un meuble de prestige au XVIIe siècle, le bureau Mazarin est décoré de marqueteries raffinées en bois exotiques, hautes en couleurs ou de marqueterie Boulle composée de cuivre et d’écaille de tortue. Les décors d’arabesques sont inspirés du célèbre ornemaniste Jean Bérain, architecte dessinateur du Roi à l’époque (à partir de 1674).

Console Charles X

Les consoles étroites et rectangulaires aux angles adoucies, gardent la structure Empire tout en s’assouplissant.
Le plateau de marbre s’appuie sur un large bandeau, décoré de motifs incrustés, reposant sur deux consoles galbées que rejoignent parfois les pieds arrière droits. Un socle épais, légèrement en retrait, relie les pieds.
Une glace peut se trouver entre les pieds arrières.

Console Charles X présentée par Denoyelle Antiquités

 

L’acajou, star du mobilier Empire

Un attrait pour le classicisme, une inspiration puisée dans l’Antiquité, le style Empire met au goût du jour des meubles massifs et fonctionnels, où l’acajou tient la vedette.

Le style Empire : contexte et description du mobilier Empire

1804 : la Révolution Française est terminée, Napoléon Bonaparte accède au statut d’Empereur. Sous la houlette des architectes Percier et Fontaine, le style Empire apparaît et balaie la France d’une élégante sobriété avec l’esprit néoclassique en héritage.

Sensible à l’image qu’il véhicule, Bonaparte commande des meubles monumentaux qui conjuguent à la fois le raffinement, la robustesse et le fonctionnel. Le mobilier de style Empire adopte des formes rectilignes et abandonne la marqueterie, la sculpture ornementale et la mouluration au profit de bronzes ciselés, dorés ou patinés. Les ébénistes privilégient le bois massif comme l’acajou pour les meubles les plus luxueux, le placage pour les plus modestes.

Le mobilier Empire en acajou

Clair ou foncé, l’acajou se décline en différents aspects : moiré, ronceux ou flammé. Synonyme de force et de grandeur, le mobilier Empire affectionne la massivité des grandes surfaces planes. En parfaite symétrie, les lignes des meubles Empire sont épurées pour valoriser l’apparition des frontons, corniches à gorge,  cariatides en bronze et colonnettes à chapiteaux.

Importé de République Dominicaine, du Nicaragua  et de Cuba, l’acajou devient l’essence de prédilection de l’ameublement Empire. Les ébénistes de l’époque l’utilisent en grande quantité pour créer des meubles à la fois sobres et raffinés. Ornementé de motifs empruntés au néoclassicisme, le mobilier Empire se pare de feuilles de laurier, de sphinx, de lances et de palmettes.

Les nouveaux meubles apparus durant le style Empire

La commode Empire, tout comme le buffet et l’armoire Empire adoptent un nouvel esthétisme, plus massif et épuré. L’armoire à glace fait une entrée remarquée dans les chambres à coucher. Utilisé comme table de salle à manger, le guéridon Empire devient très en vogue. On remarquera durant le style Empire la création de nouveaux meubles, comme le somno (table de chevet cylindrique, souvent par paire), la psyché (miroir inclinable sur pieds) et l’athénienne (trépied surmonté d’un plateau de marbre).

Interdit à l’importation en 1806, l’acajou cède sa place aux bois indigènes comme le frêne, l’orme et le noyer pour la fabrication des meubles de style Empire.

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